Belgique
Accessibilité des sites et boutiques en ligne en Belgique : ce que change l’European Accessibility Act
Depuis le 28 juin 2025, les services de commerce électronique proposés aux consommateurs en Belgique doivent être accessibles aux personnes handicapées. Qui est concerné, ce qui est attendu, et comment le mettre en œuvre sur votre site.
À partir de 2 000 € le projet
D’une directive européenne à la loi belge
La directive (UE) 2019/882 du 17 avril 2019, dite European Accessibility Act, harmonise les exigences d'accessibilité de certains produits et services dans l'Union européenne. Elle s'applique depuis le 28 juin 2025, et les États membres devaient la transposer dans leur droit.
En Belgique, la transposition est répartie entre plusieurs textes selon les compétences. Pour les sites marchands, le texte à connaître est la loi du 5 novembre 2023, publiée au Moniteur belge le 28 novembre 2023, qui modifie plusieurs livres du Code de droit économique pour y intégrer les exigences d'accessibilité applicables à certains services, dont le commerce électronique et les services bancaires aux consommateurs. Elle est entrée en vigueur le 28 juin 2025. D'autres textes couvrent d'autres secteurs.
Quels sites sont concernés
La loi vise les services de commerce électronique, définis comme des services fournis à distance, par des sites internet ou des services sur appareils mobiles, par voie électronique et à la demande individuelle d'un consommateur, en vue de conclure un contrat de consommation.
Concrètement, sont d'abord concernés :
les boutiques en ligne qui vendent à des particuliers, quelle que soit la plateforme (Shopify, WooCommerce, PrestaShop, développement sur mesure) ;
les applications mobiles qui permettent de commander ;
les parcours de réservation ou de souscription en ligne qui aboutissent à un contrat avec un consommateur.
Une boutique qui vend exclusivement à des professionnels ne répond pas à cette définition, qui vise le contrat de consommation. Un site purement vitrine, qui présente une activité sans permettre de conclure un contrat en ligne, n'y répond pas non plus en principe. La frontière n'est pas toujours nette (demande de devis, réservation, paiement d'acompte) : c'est une question juridique, que tranche un juriste, pas une agence web.
Les exceptions à connaître
Les microentreprises
La directive exempte les microentreprises qui fournissent des services. La loi belge prévoit, pour les entreprises de moins de dix personnes dont le chiffre d'affaires annuel ou le total du bilan ne dépasse pas deux millions d'euros, une exclusion jusqu'au 28 juin 2030. Le SPF Économie la présente comme un délai supplémentaire de cinq ans. Une petite boutique belge a donc du temps, mais pas une dispense définitive : c'est une échéance à préparer, et la refonte d'un site est le bon moment pour le faire.
La charge disproportionnée
Les exigences ne s'appliquent pas lorsque leur respect imposerait une modification fondamentale du service ou une charge disproportionnée pour le prestataire. Cette exception n'est pas automatique : le prestataire doit l'évaluer, la documenter et conserver cette évaluation.
Certains contenus
Sont notamment exclus certains médias et documents publiés avant le 28 juin 2025, les contenus archivés qui ne sont plus mis à jour, les contenus de tiers que le prestataire ne finance ni ne contrôle, et certains services de cartographie en ligne.
Ce qui est attendu d’une boutique en ligne
L'annexe I de la directive décrit les exigences. Pour un service de commerce électronique, elles reviennent à rendre le site perceptible, utilisable, compréhensible et robuste, les quatre principes des WCAG, référence technique que reprend la norme européenne EN 301 549. S'y ajoutent des informations sur l'accessibilité des produits vendus quand le fabricant les fournit, et des moyens d'identification, de sécurité et de paiement eux-mêmes accessibles.
Sur un site, cela se traduit par des points très concrets :
un parcours d'achat complet utilisable au clavier, du catalogue au paiement ;
des contrastes suffisants et des textes qui restent lisibles quand on agrandit l'affichage ;
des images produits avec une alternative textuelle utile ;
des formulaires (inscription, adresse de livraison, paiement) aux champs étiquetés et aux erreurs expliquées ;
une structure de titres et de régions lisible par un lecteur d'écran ;
des informations sur l'accessibilité du service, présentées dans les conditions générales ou un document équivalent.
Contrôle et sanctions en Belgique
Pour les services de commerce électronique et les services bancaires aux consommateurs, le contrôle revient à l'Inspection économique du SPF Économie, qui reçoit aussi les plaintes. Selon le SPF Économie, des sanctions administratives sont prévues en cas de manquement, jusqu'à 200 000 euros ou 6 % du chiffre d'affaires annuel pour les infractions les plus graves. Le SPF Économie a publié des lignes directrices pour aider les entreprises à comprendre leurs nouvelles obligations.
Comment nous mettons en œuvre l’accessibilité
Notre rôle est technique. Nous ne rendons pas d'avis juridique sur votre assujettissement, et aucun audit ne vaut certificat de conformité. Voici ce que nous faisons :
Un audit sur un échantillon représentatif de pages et de parcours, validé au départ : tests automatisés (axe DevTools, WAVE, Lighthouse), puis vérification manuelle des critères que les outils ne détectent pas.
Un rapport avec une grille par critère et un plan de correction priorisé, des corrections rapides aux actions structurelles.
Sur devis séparé, les correctifs appliqués directement à votre site ou à votre boutique : contrastes, navigation au clavier, structure, formulaires, alternatives textuelles.
Un projet de déclaration d'accessibilité établi à partir des résultats.
Pour un nouveau site ou une refonte, ces règles sont intégrées dès la conception, ce qui coûte bien moins cher qu'une correction après coup. Le détail de la prestation est sur la fiche audit et mise en conformité accessibilité, et notre article sur l'accessibilité numérique d'une boutique en ligne complète le sujet. Pour en parler : contact.
Questions fréquentes
Ma boutique en ligne belge doit-elle être accessible ?
Si elle vend à des consommateurs et que votre entreprise n’est pas une microentreprise, elle est en principe concernée depuis le 28 juin 2025. Une microentreprise bénéficie en Belgique d’une exclusion jusqu’au 28 juin 2030.
Un audit suffit-il à être en conformité ?
Non. L’audit identifie et priorise les obstacles ; ce sont les correctifs appliqués qui améliorent le site. Et aucun audit ne constitue une garantie de conformité légale ni une certification.
Qui contrôle en Belgique ?
Pour le commerce électronique, l’Inspection économique du SPF Économie, qui reçoit aussi les plaintes des utilisateurs.
Sources
Textes consultés le 27 septembre 2026. Cette page décrit un cadre général ; elle ne constitue pas un conseil juridique.